toutes choses necessite un début.

toutes choses necessite un début.
Le catalyseur des ombres.
Ou l'assassin des ténèbres.

Prologue : Une voie sans retour.

Des larmes tièdes roulent sur mes joues, telles des catarates de tristesse. Cela fait maintenant dix ans où je n'avais pleuré, contenant ma peine, réprimant ma haine, canalisant ma colère contre le monde. C'est une sensation étrange que de voir ses émotions couler avec ce liquide salé, cela fait tellement longtemps...
L'eau suinte de mes yeux et trace des sillons le long de mes joues, mimant les tatouages de peuples perdus, glissant le long de ma mâchoire pour tomber de façon irrégulière sur la forme que je sers contre moi avec acharnement. Il est étonnant que les humains ne se rendent jamais compte que ce que nous tenons pour acquis peut en un instant disparaitre, et ils sont condamnés à répéter leurs erreurs siècles après siècles, défiant les lois de la nature sans profiter des joies qui les entourent, de l'amour offert par les êtres auxquels notre c½ur s'attache.
Le pouls du corps entre mes bras ralenti, mes peurs et mes douleurs se mêlent aux siennes pour atteindre un paroxysme de panique, muant nos esprits en un brouillard rouge qui martèle mes sens. Je me sens défaillir. Durant toute ma courte existence je n'avais compté que sur moi-même, ne confiant la tache de ma survie à personne d'autre que moi, me débattant à coups de rage et de violence exprimée envers l'humanité et les êtres vivants en général.

# Posté le samedi 01 mars 2008 15:43

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Depuis l'âge de six ans, date auquel remonte mon plus vieux souvenir je suis seul. D'ailleurs même entouré je me sens seul. Seul de ma race, seul dans mes pensées, seul dans mes larmes. Seul dans la foule.
Je me suis d'ailleurs fait la réflexion qu'il était tout à fait étrange que mes premiers souvenirs soient apparus si tard dans ma mémoire car l'homme engrange généralement des images de sa vie dès l'âge de trois ans. Disons que je n'ai pas vécu une existence commune et du fait des horreurs que j'ai pu apercevoir ma mémoire a cadenassé certains épisodes de mon enfance. Lorsque l'esprit est témoin d'expériences trop fortes ou trop douloureuses il est possible qu'il se ferme aux regards de son plein gré. Je ne sais pas. Nous ne le saurons probablement jamais.
Je me nomme Fendral. Je suis frère des ténèbres.

# Posté le samedi 01 mars 2008 16:02

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Je lève la tête et observe rapidement les alentours pour de me situer. Je suppose être à l'orée du bois d'½il de lune mais il fait sombre et je pourrai tout aussi bien me trouver beaucoup plus à l'est que je ne le présumais. De plus je suis couvert de sang, frigorifié et terrifié, tenant dans mes bras la seule et unique personne en qui j'ai pu placer ma confiance, la seule que j'avais réussi à aimer et qui m'avait aimé en retour. Qui ait pu panser tant sois peu les blessures de mon âme.
Sans que rien ne puisse arrêter cette longue descente aux enfers elle se meurt. Lentement, presque avec ironie, fuyant ce corps trop étroit.
Ses paupières battent faiblement et mon c½ur émet un sursaut amour, me laissant un sanglot coincé dans la gorge. Ses yeux s'entrouvrant je surprends au vol les quelques mots glissant de sa bouche tordu en un doux sourire douloureux.
-« pourquoi tu pleurs ? »
Un air moqueur illumine sont visage crispé par la raideur cadavérique qui s'insinue dans ses traits et sa peau perd encore un peu de ses couleurs a mesure que le sang quitte son corps. Elle est maintenant blanche comme neige et malgré l'horreur de la situation je ne peu m'empêcher de m'extasier devant elle comme un enfant qui découvre une fleure de printemps.
Une mèche rebelle d'un noir de jais s'est échappée de sa sobre queue de guerrière entremêlée dans mes mains. Je lui détache les cheveux et contemples les reflets que la lune fait danser sur son visage dont je connais par c½ur le moindre détail. Mes membres tremblent sous la force de la passion qu'elle m'inspire.
-« j'ai toujours crus en toi murmure t- elle et je la serre un peu plus fort contre moi.
- Tu n'aurais pas du. »
J'enfouis mon visage dans sa chevelure, les sanglots me forçant à respirer par a coup. Je suis incapable de les arrêter.
« -Tout est de ma faute. Ils auraient mieux fait de me tuer avant !!
-Ne dis pas ça ! » Chuchote t- elle au pris d'un grand effort.
Je pleur toujours ; m'arrêterais' je un jour ... ? Je ne sais.
Comme tant d'autre chose que j'ignore et qu'il me fau découvrir. En commençant par ce fameux jour.
Mon nom est Fendral, je suis le frère des ténèbres.

# Posté le samedi 01 mars 2008 16:04