Ou l'assassin des ténèbres.
Prologue : Une voie sans retour.
Des larmes tièdes roulent sur mes joues, telles des catarates de tristesse. Cela fait maintenant dix ans où je n'avais pleuré, contenant ma peine, réprimant ma haine, canalisant ma colère contre le monde. C'est une sensation étrange que de voir ses émotions couler avec ce liquide salé, cela fait tellement longtemps...
L'eau suinte de mes yeux et trace des sillons le long de mes joues, mimant les tatouages de peuples perdus, glissant le long de ma mâchoire pour tomber de façon irrégulière sur la forme que je sers contre moi avec acharnement. Il est étonnant que les humains ne se rendent jamais compte que ce que nous tenons pour acquis peut en un instant disparaitre, et ils sont condamnés à répéter leurs erreurs siècles après siècles, défiant les lois de la nature sans profiter des joies qui les entourent, de l'amour offert par les êtres auxquels notre c½ur s'attache.
Le pouls du corps entre mes bras ralenti, mes peurs et mes douleurs se mêlent aux siennes pour atteindre un paroxysme de panique, muant nos esprits en un brouillard rouge qui martèle mes sens. Je me sens défaillir. Durant toute ma courte existence je n'avais compté que sur moi-même, ne confiant la tache de ma survie à personne d'autre que moi, me débattant à coups de rage et de violence exprimée envers l'humanité et les êtres vivants en général.


